Pièces produites dans le cadre d'un projet de restauration au XIXe siècle

Un projet de travaux de restauration sur une cathédrale implique une procédure souvent longue, génératrice de documents aujourd’hui conservés dans les archives.

Petit florilège !


Le devis détaille et évalue les travaux à exécuter.

Le devis descriptif, qui énumère les coûts approximatifs ou réels, n’a pas de valeur contractuelle contrairement au devis quantitatif qui référence les quantités de matériel prévues, correspondant aux interventions envisagées. Le devis estimatif ou définitif permet de fixer le budget nécessaire à la réalisation des travaux. Au cours du chantier, il peut être complété par un devis supplétif pour faire face à des imprévus et introduire de nouvelles actions, non calculées dans le devis estimatif. Les devis s’accompagnent souvent de documents graphiques qui ont été détachés et conservés à part.

Extrait du chapitre 4 d’un état des réparations à faire pour l’année 1850, dressé par Victor Gay et comportant des croquis dans les marges. AD du Cher, J 1964
Extrait du chapitre 4 d’un état des réparations à faire pour l’année 1850, dressé par Victor Gay et comportant des croquis dans les marges. AD du Cher, J 1964
Rectification d’un devis « conformément à l’avis du Conseil des bâtiments civils », du 25 mars 1839, rédigé par François-Narcisse Pagot. AD du Cher, V 100
Rectification d’un devis « conformément à l’avis du Conseil des bâtiments civils », du 25 mars 1839, rédigé par François-Narcisse Pagot. AD du Cher, V 100
Devis descriptif et estimatif de 1937 pour les travaux à exécuter en vue d’assurer la conservation des vitraux, par Henri Huignard. AD du Cher, 1761 W 77
Devis descriptif et estimatif de 1937 pour les travaux à exécuter en vue d’assurer la conservation des vitraux, par Henri Huignard. AD du Cher, 1761 W 77

Le métré compte les quantités de tous les matériaux et matériels utiles pour les travaux. Il sert à l’établissement du devis et au calcul des coûts. Des métrés sont également fournis en fin de chantier par les entrepreneurs pour paiement de leur rémunération.

L’avant-métré désigne le détail du calcul des quantités de travaux nécessaires à l’élaboration de l’avant-projet.

Métrés généraux des travaux exécutés par l’entrepreneur Jean-Charles Goyer, sous les ordres de François-Narcisse Pagot et Barthélemy Juillien entre 1840 et 1847 et sous les ordres de Victor Gay en 1849. AD du Cher, J 210
Métrés généraux des travaux exécutés par l’entrepreneur Jean-Charles Goyer, sous les ordres de François-Narcisse Pagot et Barthélemy Juillien entre 1840 et 1847 et sous les ordres de Victor Gay en 1849. AD du Cher, J 210

Ces métrés font partie d’un épais dossier constitué par Léonard Hippolyte Roger à la suite de réclamations de l’entrepreneur.


Au XIXe siècle, l’approbation du devis de l’architecte est donnée après examen du devis par le Conseil des bâtiments civils (jusqu’en 1848), puis par la Commission des arts et édifices religieux, remplacée par le Comité des inspecteurs généraux des édifices diocésains en 1853. Dans le cas d’une demande de modification, l’architecte doit établir un devis rectificatif.

Arrêté d’approbation d’un devis par le conseiller d’État, directeur des cultes, en date du 16 juillet 1888. AD du Cher, V 107
Arrêté d’approbation d’un devis par le conseiller d’État, directeur des cultes, en date du 16 juillet 1888. AD du Cher, V 107
Cahier des charges des travaux de construction du calorifère, signé par Paul Boeswillwald et Albert Robin en 1894. AD du Cher, 9 T 27
Cahier des charges des travaux de construction du calorifère, signé par Paul Boeswillwald et Albert Robin en 1894. AD du Cher, 9 T 27

Le cahier des charges définit les tâches des différents acteurs du chantier et précise les contraintes techniques, financières et administratives que ces derniers doivent respecter tout au long du projet.


Pour de menus travaux d’entretien dits ordinaires, une adjudication et un contrat de gré à gré peuvent être décidés. Les obligations contractuelles sont alors négociées librement par les deux parties.

Pour l’attribution des travaux extraordinaires ou grosses réparations, une adjudication au rabais est présentée publiquement par voie d’affichage dans les villes. À l’inverse d’une vente aux enchères, c’est l’entrepreneur ou le restaurateur proposant l’offre la plus basse qui est déclaré adjudicataire.

Affiche d’adjudication au rabais de la préfecture du Cher pour des travaux de construction d’une seconde sacristie et de restauration de la première, 29 décembre 1843. AD du Cher, J 212
Affiche d’adjudication au rabais de la préfecture du Cher pour des travaux de construction d’une seconde sacristie et de restauration de la première, 29 décembre 1843. AD du Cher, J 212

Les entrepreneurs de bâtiments « qui justifieront de leur capacité au moyen d’un certificat délivré par un architecte » y retrouvent toutes les informations permettant de déposer leur soumission en conseil de préfecture, à Bourges, « le vendredi 29 décembre 1843, à deux heures de l’après-midi ».

Affiche d’adjudication de la préfecture du Cher pour des travaux de nivellement et pavage du parvis de la cathédrale de Bourges et la reconstruction de son perron, 27 novembre 1849. AD du Cher, 36 Fi 63 144
Affiche d’adjudication de la préfecture du Cher pour des travaux de nivellement et pavage du parvis de la cathédrale de Bourges et la reconstruction de son perron, 27 novembre 1849. AD du Cher, 36 Fi 63 144
Lettre du conseiller d’État et directeur général des cultes adressée au préfet du Cher et jointe à une affiche d’adjudication des travaux d’entretien des édifices diocésains de Bourges, du 9 avril 1880. AD du Cher, V 98
Lettre du conseiller d’État et directeur général des cultes adressée au préfet du Cher et jointe à une affiche d’adjudication des travaux d’entretien des édifices diocésains de Bourges, du 9 avril 1880. AD du Cher, V 98
Copie de la soumission de Louis Steinheil et Nicolas Coffetier pour les travaux de réparation aux verrières de la cathédrale, du 20 novembre 1854. AD du Cher, J 214
Copie de la soumission de Louis Steinheil et Nicolas Coffetier pour les travaux de réparation aux verrières de la cathédrale, du 20 novembre 1854. AD du Cher, J 214
Soumission de Fernand Montigny, entrepreneur de maçonnerie, pour les grosses réparations de 1894, du 15 mai 1894. AD du Cher, V 107
Soumission de Fernand Montigny, entrepreneur de maçonnerie, pour les grosses réparations de 1894, du 15 mai 1894. AD du Cher, V 107

Ce dernier dépose son offre cachetée, sa soumission, au bout d’un mois de délai, en séance publique. La date et l’heure de la séance tout comme le modèle de soumission sont indiqués sur l’affiche de l’adjudication.


Au cours des travaux, un attachement peut être établi par l’entrepreneur pour rendre compte de ce qu’il a réalisé, notamment dans le cas où une vérification postérieure est impossible. Il explicite la nature et la quantité des travaux exécutés et sert d’élément de preuve d’une exécution contractuelle.

L’entrepreneur peut également faire une demande d'acompte pour financer les matériaux, se rémunérer et rémunérer ses ouvriers avant la fin du chantier.

Attachements des travaux entrepris par Jean-Charles Goyer pour l’année 1840. Chaque article est signé de l’entrepreneur et de Barthélemy Juillien. AD du Cher, V 100
Attachements des travaux entrepris par Jean-Charles Goyer pour l’année 1840. Chaque article est signé de l’entrepreneur et de Barthélemy Juillien. AD du Cher, V 100


À l’issue des travaux, l’architecte dresse un procès-verbal ou certificat de réception définitive qui marque l’achèvement du chantier. Il valide ou non les travaux exécutés au regard de leur conformité au devis.

Deux procès-verbaux de réception définitive à l’attention du maçon Fernand Montigny, l’un signé de Paul Boeswillwald le 15 mars 1903, l’autre signé d’Henri Tarlier le 31 mars 1906. AD du Cher, V 107
Deux procès-verbaux de réception définitive à l’attention du maçon Fernand Montigny, l’un signé de Paul Boeswillwald le 15 mars 1903, l’autre signé d’Henri Tarlier le 31 mars 1906. AD du Cher, V 107

De leurs côtés, les entrepreneurs et restaurateurs rédigent un mémoire de travaux, ou métré comptable, qui répertorie toutes les interventions et dépenses réalisées en vue de recevoir leur paiement. Il sert de pièce justificative au décompte des travaux qui clôture définitivement le marché et indique les sommes dues aux entrepreneurs et à l’architecte lui-même.

Mémoire de travaux faits au vitrail de la chapelle des Tullier par Félix Chédin, s. d. [vers 1849]. AD du Cher, J 213
Mémoire de travaux faits au vitrail de la chapelle des Tullier par Félix Chédin, s. d. [vers 1849]. AD du Cher, J 213
Mémoire général des travaux d’entretien de la cathédrale faits par l’entrepreneur François Parnajon en 1853 et sous les ordres d’Antoine Nicolas Bailly et de Léonard Hippolyte Roger. AD du Cher, V 108
Mémoire général des travaux d’entretien de la cathédrale faits par l’entrepreneur François Parnajon en 1853 et sous les ordres d’Antoine Nicolas Bailly et de Léonard Hippolyte Roger. AD du Cher, V 108
État des sommes qui restent dues par Jules Dumoutet aux ouvriers et fournisseurs après décompte des travaux, dressé le 2 novembre 1855. AD du Cher, J 210
État des sommes qui restent dues par Jules Dumoutet aux ouvriers et fournisseurs après décompte des travaux, dressé le 2 novembre 1855. AD du Cher, J 210

L’état de situation ou le rapport annuel rend compte des dépenses faites pour chaque exercice tant pour les grosses réparations que pour les travaux d’entretien. Le dossier est remis à l’administration.

Résumé des dépenses de l’exercice 1852 pour les édifices diocésains de Bourges. AD du Cher, V 98
Résumé des dépenses de l’exercice 1852 pour les édifices diocésains de Bourges. AD du Cher, V 98

Il comprend les honoraires de l’architecte Antoine Nicolas Bailly

État de situation des dépenses faites en 1898 pour les édifices diocésains de Bourges. AD du Cher, 9 T 27
État de situation des dépenses faites en 1898 pour les édifices diocésains de Bourges. AD du Cher, 9 T 27
Partager sur